Méditation sur la fresque Saint-André

en l'église de Luz-Saint-Sauveur

 

Dès l'entrée dans l'église de Luz, les fidèles ou visiteurs ont leurs regards attirés par une imposante fresque qui recouvre la voûte du chœur. Cette œuvre est dédiée à Saint-André, Apôtre, patron de la paroisse et, ici, elle évoque le martyre de ce Saint qui aurait été crucifié à Patras vers l'an 60 sur une croix en forme de X .

L'apôtre André, dont le nom est d'origine grecque et non hébraïque, apparaît de façon discrète mais à plusieurs reprises dans les évangiles. Mathieu (10, 2) le cite parmi les douze: il était pêcheur à Capharnaüm et fut l'un des premiers à suivre Jésus. Selon l'évangile de Jean : « l'un de ses disciples qui avaient entendu la paroles de Jean et qui avaient suivi Jésus, était André, frère de Simon « (.Jean 1, 40) ) Lors de la multiplication des pains en Galilée, André signala à Jésus la présence « d'un jeune garçon qui avait cinq pains d'orge et deux poissons »et il ajouta «mais qu'est-ce que cela pour tant de monde ?» (Jean, 6, 8). Il est aussi parmi les quatre apôtres qui interrogèrent Jésus sur la date de la destruction du temple (Luc 12, 13; Marc 3, 13). Dans un autre épisode, André sert d'intermédiaire entre des grecs venus à Jérusalem pour la fête de Pâques et qui voulaient voir Jésus (Jean 12, 22). Dans les «Actes de Apôtres», il est cité parmi les disciples qui après l'Ascension revinrent au «cénacle où ils séjournaient» (12, 13).

André évangélisa Byzance, le monde grec et celui situé autour de la Mer Noire. Comme l'a souligné le pape Benoît XVI, dans une catéchèse de 2007 «cette fraternité s'exprime symboliquement dans le rapport spécial entre les sièges de Rome et de Constantinople» («Les apôtres: Aux origines de l'Église», 2007, éd. Bayard.)

Le sujet de la fresque représente, au centre, le Christ assis en majesté au milieu des nuages, entouré d'anges ; il tient d'une main un livre où se lit l'inscription «Ego sum via, veritas et vita», cependant que de l'autre il semble bénir l'apôtre en l'accueillant au paradis. A sa droite, André est à genoux et tient la palme des martyrs. Près du Christ, un ange présente la croix en X instrument du supplice du Saint.

A l'extrême gauche de la fresque, un ange porte un phylactère avec cette louange «Sanctus Andreas Christi discipulus dignus Dei apostolatus ». Sur la bande qui couronne la scène, est peinte une phrase latine que l'apôtre aurait prononcée en apercevant la croix sur laquelle il allait être supplicié, invocation qui peut se résumer comme une salutation à cette croix désirée car elle est source de sa rédemption.

 

Historique

 

Cette fresque est l'œuvre d'un missionnaire de l'Immaculée Conception de Garaison, le Père Pibou. Peintre déjà connu de son temps pour plusieurs œuvres, plusieurs toiles de cet artiste-prêtre sont visibles dans la chapelle de Héas. Le Père Pibou réalisa cette fresque au cours de l'automne de 1886 et fut aidé pour la dorure par l'abbé Depierris, vicaire d'Esterre. Selon l'abbé Abadie, curé de Luz à l'époque, le sujet de l'œuvre s'était imposé car «Saint-André, patron de la paroisse, ne se trouvait nulle part: il fallait lui faire une place d'honneur et la coupole de l'église s'y prêtait admirablement».

La dédicace de l'église de Luz à Saint-André s'explique est sans doute par les origines de ce sanctuaire lequel, selon les historiens locaux, fut construit au XIIe siècle sur un terrain appartenant à la famille Saint-André viguiers héréditaires de la Vallée.

Cette fresque, peinture murale obtenue sur un enduit frais, est riche par la présence d'un ciel étincelant de dorures qui rehaussent les personnages qu'elles enveloppent. L'ensemble donne à la nef, sombre et austère, à la fois un éclairage discret et une envolée céleste.

 

article de Dominique Henri LAFFONT paru dans Échos des Gaves N°58 de Juin 2021

 

Le tableau dit "de la couronne d’épines"

 

Cette œuvre représente le roi saint Louis revêtu d’un manteau bleu fleurdelisé, les mains croisées sur son cœur, agenouillé dans une posture de prière devant un autel où est exposée la couronne d’épines. A côté de celle-ci, détail significatif, le roi a préalablement déposé sa couronne royale ; au dessus et à l’arrière de la scène, la peinture montre des anges observateurs. Le tableau évoque bien le roi de France Louis IX qui fit construire vers 1245 la Sainte Chapelle pour servir d’écrin à la Couronne d’épines. il fut canonisé en 1297.

 

Détail du tableau : Saint Louis devant la couronne d’épines

 

L’original de ce tableau est de nos jours visible dans la nef gauche de l’église Saint-Paul et Saint-Louis, située à Paris, près de l’Hôtel de Ville; selon la fiche qui l’accompagne, la toile est datée de 1831 et attribuée à Leduc, qui pourrait être un peintre d’histoire ayant vécu à Paris à la fin du XVIIIème siècle et au début du suivant. En outre, une première copie de ce tableau se trouve dans l’autre édifice dédié à ce roi à Paris, l’église de saint Louis d’Antin ; une autre copie est donc celle de l’église de Luz.

 

La toile dite de sainte Clotilde

 

Faisant paire à ce premier tableau et accroché en vis à vis, dans le chœur de l’église de Luz , un second tableau de dimensions identiques occupe l’arrière de derrière l’autel.

 

Ce tableau montre, en son centre, une jeune personne agenouillée, sa tête fortement inclinée et ses bras croisés sur sa poitrine dans une pose pieuse, cependant qu’une dame un genoux en terre lui présente un plat creux et argenté et qu’une enfant lui tient la tresse de la chevelure. En retrait et au centre, debout, un religieux habillé de bure marron, brandit, d’une main, un crucifix et, de l’autre, à l’aide d’un flacon, verse de l’eau sur la tête de la récipiendaire. Le moine est entouré de plusieurs personnages masculins, enturbannés et à l’aspect guerrier ; l’un d’eux tient un plateau d’où pend un linge blanc. La tonalité de scène est sombre, se déroulant dans un intérieur avec, dans le fond et grâce à une baie cintrée, une seule ouverture laissant apparaître un peu de ciel.

Un tableau identique se retrouve dans des dimensions plus modestes dans l’église saint Nicolas d’Esquièze, : il est accroché sur la paroi gauche du chœur après avoir été restauré en 2001 par l’Atelier de Conservation d’œuvres et de restauration Paulhac dans le Gers.
Quel est l’événement ainsi célébré ? Quelques hésitations se sont exprimées à cet égard. Il est amusant de noter que le procès-verbal de l’inventaire de l’église d’Esquièze, établi en 1906 en application de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, y avait vu la prise de voile d’une religieuse. C’était là une analyse aussi sommaire que peu experte car, à l’analyse, il semble bien qu’il s’agit d’une scène de baptême : le moine verse de l’eau sur la tête de la personne agenouillée, le plat et le linge
Ce tableau, comme son homologue d’Esquièze, relate la même scène qui s’analyse en un événement religieux et officiel : les deux femmes sont d’un rang social certain car leurs mises sont riches, la jeune fille est agenouillée sur un coussin épais et à glands alors que sa compagne porte diadème et bijoux ; en outre, les hommes ont des coiffes hautes en forme de turbans : l’un d’eux porte même une bannière enroulée autour de la hampe.

 

Quant à l’identité de la personne baptisée en l’occurrence, si l’on en croit le cartouche accroché au bas du tableau à Luz, il pourrait s’agir de sainte Clotilde. On sait que Clotilde, née en 475 et morte en 545, épousa Clovis, roi des francs de 480 à 511. Si elle fut l’instigatrice du baptême de Clovis à Reims vers 499, l’histoire n’a pas retenu la date de son baptême, mais reine et femme à la foi ardente, elle dut être baptisée des son enfance et non à l’âge adulte contrairement à ce que montre la toile. Autre anachronisme, la tenue du moine rappelle celle des franciscains, ordre inexistant à l’époque


Quoi qu’il en soit des libertés prises par le peintre avec l’histoire, le choix de ce thème au XIXème siècle peut s’expliquer par le regain d’intérêt du personnage de sainte Clotilde au XIXème siècle. Témoin en est la construction vers la moitié de ce siècle d’une basilique de style néogothique qui lui fut dédiée et fut édifiée par Viollet-Le-Duc, non loin du Palais Bourbon à Paris.

Quant à la peinture elle-même, elle n’est ni signée, ni datée Néanmoins elle doit constituer certainement la copie d’un tableau dont l’original est ailleurs. Il est possible de l’attribuer à l’auteur du tableau de saint Louis, vénérant la couronne d’épines ci-dessus analysé Ces dimensions son thème religieux et historique et sa facture militent en faveur de ce peintre et donc pour la même période. Ces constatations suggèrent par ailleurs l’idée que la toile de Luz comme celle d’Esquièze, furent soit des essais soit des copies d’une œuvre originale.

 

Qui était donc le donateur Achille Jubinal ?


Pour l’origine et les conditions de l’arrivée de ces toiles dans nos églises, on peut se référer à l’inscription lisible dans le cartouche de Luz, laquelle indique « Donné par Achille Jubinal, député des HautesPyrénées, 1864 » et conclure qu’il en va de même pour le tableau relatif à Saint Louis puisqu’il s'agit d'une paire.

Achille était le fils de Michel (Miqueou) Jubinal qui était né à Luz et qui partit très vite vers Paris où il arriva au moment de la période révolutionnaire ; il servit ensuite dans les armées napoléoniennes et notamment fit la campagne de Russie, puis il se maria à Paris où il mourut. Son fils Achille y naquit le 24 octobre 1810, fit des études à l’Ecole des Chartres, devint notamment professeur de littérature à Montpellier en 1839.

Dans les années 1830, il revint dans la vallée de Luz où il retrouva avec plaisir la maison natale de ses grands-parents : elle appartenait encore à Jacques Jubinal, sans doute un oncle d’Achille ( il s‘agit de la maison qui récemment fut celle du Colonel Druène). Dès lors, il s’intéressa à son pays d’origine. Littérateur, il écrivit sur les Pyrénées : on citera cet extrait : « Luz, ma cité paternelle à laquelle je ne songe point sans avoir les larmes pleins les yeux ; ….Luz, mon village chéri, avec sa vieille église des templiers, crénelé du haut en bas » (Lettres sur les Hautes Pyrénées, 1862, cité par J. Bourdette dans les annales du Labeda, T. IV, p. 341, éd. Privat 1899).


Durant le second Empire, il devint député des Hautes Pyrénées près le corps législatif pour la circonscription de Bagnères de Bigorre. Versé dans le domaine artistique et fréquentant ce monde et en particulier les autorités de l’époque chargées des Beaux-arts, il devint une sorte de mécène car il créa dans la ville de Bagnères, outre une bibliothèque, un musée qu’il dota de peintures (près de 230 œuvres) et d’objets d’art divers ? L’intérêt pour la vallée de ses origines l’incita à offrir ces les toiles a notre vallée..

Ainsi s’explique, sans doute, la présence de ces deux tableaux dans l’église de Luz et celle d’Esquièze, bien que leurs thèmes soient assez éloignés des dévotions et de l’histoire de la vallée. L’influence de Achile Jubinal fut sans doute prépondérante pour leur installation au sein même du chœur de l’église alors que celle-ci recelait des tableaux beaucoup plus évangéliques consacrés à la Vierge.

 

D. H. Laffont Avril 2008

Luz et Villenave sont deux communautés distinctes. Pays et sénéchaussée de Bigorre. Lavedan. Vallée de Barège. Chef-lieu de canton depuis 1790.

Luz et Villenave sont réunies en 1823 et agrandies des hameaux d'Ayrues dépendants de Sassis, de Sia et de Trimbareilles dépendant de Sazos, de Saussa et de Héas, dépendant d'Esquièze. Les sections de Gèdre et de Gavarnie sont érigées en communes en 1842. Les quartiers de Saussa, Ayrues, Trimbareilles, Pragnères et Sarrat-de-Ben sont rattachés à Gèdre en 1897.

Luz prend le nom de Luz-Saint-Sauveur en 1962.

 

L’Eglise primitive a été bâtie à la fin du XI siècle par la famille de Saint-André et non par les Templiers.

Elle est dédiée à l’apôtre de ce nom.

Au XIV siècle, les descendants de la famille de Saint-André donnèrent l’Eglise aux « Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem », qui avaient deux hospices, un à Gavarnie et un autre à Héas.

Ils y accueillaient les pèlerins se rendant à Saint Jacques de Compostelle. Ce droit fût exercé par les hospitaliers jusqu’à la révolution de 1789.
Ces hospitaliers devinrent plus tard « Chevaliers de Malte ».

Dès leur arrivée, ils haussèrent l’Eglise et l’entourèrent de remparts pour se protéger des bandits aragonais : « Les Miquelets ».


L'église de Saint André ("des Templiers")
à Luz - Saint-Sauveur

Paroisse     du 
Pays Toy

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22 December 2021