A l’intérieur, l'église est voutée par un plafond en bois peint et, sur les parois, on peut admirer une grande toile sur la crucifixion ni datée ni signée : elle parait néanmoins vieille de plusieurs siècles. Une autre tableau classé a pour thème le baptême de Saint Clotilde : il s’agit d'une copie d'une œuvre du peintre.

Toujours dans la nef et face au portail d’accès est visible un beau retable du 18éme dédié aux Ames du Purgatoire, thème aussi rare que curieux. Sur les fonds baptismaux a été scellé un vestige dont l’origine demeure inconnue mais dont l’ancienneté remonte au Moyen-âge : il s’agit d’une pierre grossièrement sculptée représentant un personnage énigmatique a été installée : certains l’identifient comme Saint Jean-Baptiste

Le chœur est dominé par un imposant retable qui occupe toute la hauteur de la nef. De style baroque, c’est une œuvre du milieu du 18e siècle. On peut y admirer entourant le tabernacle, une série de beaux candélabres tripodes en bois doré.

Aux niveau supérieur, des personnages, sculptures sur bois, dorées et grandeur nature, représentent Saint-Nicolas en évêque et , dans deux encadrements latéraux formés de colonnes torsadées, les apôtres Pierre et Paul. A l’attique, trônent le Saint-Esprit sous la forme d’une colombe et Dieu le père apparaissant dans les nuages. Le retable est encore décoré d’angelots, de guirlandes et de frises avec dorures ou peintures polychromes.

Par ailleurs, l’église se caractérise par plusieurs références au sanctuaire d’Héas concrétisées par la présence d’une madone ancienne en bois polychrome vénérée sous le vocable de N. D. de Héas et une bannière de processions consacrée à cette image, cela s’expliquant par les liens existants dans le passé entre ce site et la paroisse d’Esquièze.

L’église est classée à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques et a fait l’objet, vers l’an 2000 et à l’initiative de la municipalité, de la rénovations des peintures des intérieures et de la restauration des deux toiles murales

 

Méditation sur une toile de la crucifixion.

 

(article de Dominique-henri LAFFONT pour l'Echo des Gaves Mars 2021)

 

La Semaine Sainte qui s'annonce peut être le moment d'une méditation, à partir d'une œuvre picturale sur la passion du Christ thème qui est le centre de l'art religieux. A cette fin il est possible de se référer à un grand tableau de l'église Saint-Nicolas d'Esquièze lequel commémore un épisode de cette page d'évangile et plus précisément les derniers instants du Crucifié. Le peintre nous montre le Christ en Croix, portant la couronne d'épines et entouré, à sa droite, de Marie sa mère et, à sa gauche, de Saint-Jean et de Sainte Marie-Madeleine. Dans son récit de la passion, Saint-Jean précise «Auprès la Croix de Jésus, se tenaient sa mère , la sœur de sa mère, Marie, femme Clopas et Marie-Madeleine » et la scène reproduite paraît se situer après les dernières et célèbres paroles du Christ sur la Croix : «Femme voila ton fils, ensuite au disciple, voilà ta mère». (Jn., 19 - 52-27)

La Mère portant le manteau, traditionnellement de couleur bleu sur un vêtement rouge, ouvre devant son fils torturé ses bras en un geste de douleur et de vénération ou d'acceptation. En face, Saint-Jean qui se définit lui-même dans cet Évangile comme «le disciple que Jésus aimait» est vu de profil avec une expression de désespoir et sa main droite sur le cœur. La troisième personne, Marie-Madeleine, vêtue d' un manteau clair est aux pieds de la croix, une main posée sur une cuisse du Crucifié cependant que l'autre semble vouloir protéger ses pieds retenus par les clous. Ses cheveux longs rappellent la femme qui à Béthanie avait arrosé ces pieds d'un parfum qu'elle avait ensuite séché avec sa chevelure.

La scène se concentre de façon détaillée sur ces trois personnes et fait silence sur l' environnement d'alors au Golgotha et, notamment, sur les soldats qui se partageaient la tunique sans couture ni celui qui après la mort au lieu de lui rompre les jambes, « lui perça le côté de sa lance et il en sortit du sang et de l'eau.» (Jn. précité). L'auteur n'a pas peint ce détail, la scène se situant avant cet épisode. Enfin ne sont pas non plus représentés Joseph d'Arimathie «qui était le disciple de Jésus » et qui avait obtenu de Pilate la remise du corps de Jésus ainsi que Nicodème qui apportait des linges et des aromates.

 

 

 

Historique de la toile d'Esquièze

 

Le tableau occupe toute la paroi, côté droit, de la nef de l'église d'Esquièze ; ses dimensions sont importantes 157 x 225 cm et il est peint sur trois lés. Il a été restauré en l'an 2000 par le Centre de Conservation et Restauration artistique de Gaillac (81 600). L'œuvre a été inscrite sur l'inventaire supplémentaire à la liste des objets mobiliers classés monuments historiques, par arrêté préfectoral du 5 janvier 2000.

L'origine de l'œuvre est inconnue, n'étant ni datée ni signée. Certains, en particulier le restaurateur, la font remonter à une période antérieure au XVIII e en raison de l'existence de plusieurs lés utilisées par le peintre. Par ailleurs, une influence espagnole est perceptible eu égard aux traits des sujets ou le fond sombre de la scène, influence plausible eu égard aux relations existant à l'époque entre les deux versants des Pyrénées.

Enfin, l'emplacement actuel de la toile ne paraît avoir été retenu qu'au cours du XVIIIe car le tableau, vu le thème que nous avons analysé, devait être initialement placé sur le retable de l'autel central puis dut être déplacé pour permettre l'installation du retable actuel dédié à Saint-Nicolas et réalisé à cette époque. Pour leur part, les restaurateurs notent « Cette toile située dans la nef est visiblement une toile de chœur».

D. Henri Laffont

 

 

 

Esquièze fut réuni à Sère en 1846. mais les deux villages ont conservé leurs églises. 

 

L’église de ce village était connue au début du 14e siècle et déjà consacrée à Saint Nicolas. L’édifice initial était plus modeste, composé d’une simple nef avec un clocher semblable à ceux de ses sœurs de la Vallée, mais depuis, il a sensiblement été modifié, vers le 15e siècle d’abord, une tour carrée a été accolée à la nef primitive . Haute de quatre niveaux, son étage supérieur comporte cinq emplacements pour cloches et ses diverses ouvertures ont une forme gothique si on observe ses arcs brisés ou trilobés.

 

Par la suite et dans les années 1650, une chapelle latérale a été adjointe à la nef initiale à la suite d’un vœu, motivé par l’épidémie de peste qui ravagea la région à l’époque. Enfin d’autres modifications notables sont intervenues au milieu du 19e siècle lors de la fusion des villages d’Esquièze et de Sère. Deux chapelles latérales ont alors été accolées à la nef initiale lui donnant ainsi la forme d’une croix latine, cependant que la nef était aussi agrandie pour la raison, invoquée à l’époque ,de l’arrivée des habitants de Sère.




Eglise Saint Nicolas à Esquièze

Paroisse     du 
Pays Toy

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24 December 2021